« De l’autre côté du filtre »

Hello you ! 

 

Aujourd’hui je vous retrouve pour un article un peu spécial. Il y a quelques mois, une étudiante en journalisme a écrit un article sur une de mes journées, « entre vie privée et les réseaux sociaux ». J’avais envie de le partager avec vous ici, car je trouve qu’il illustre bien ce qu’est ma vie depuis quelques mois ! Comme ce shooting photos d’ailleurs, réalisé entre un repas au resto avec ma petite Melissa et un rendez vous pro pour mon statut d’autoentrepreneur. Tout cela avant de rejoindre l’école de Marketing et de Communication de Toulouse pour intervenir lors d’une conférence sur l’utilisation des réseaux sociaux et le lendemain reprendre le chemin du travail.

Bref une vie bien remplie, mais que j’adore, entre Instagram et mon métier (dont je parle très peu).

 

Influenceuse : de l’autre côté du filtre

Elles inondent les réseaux sociaux de leurs publications et sont suivies par des milliers de personnes au quotidien. Voici la journée type de l’une d’elles, Géraldine, influenceuse toulousaine.

 

Il est 7h et comme chaque matin le premier geste de Géraldine est de déverrouiller son portable. Un réflexe pour beaucoup, qui prend une autre dimension pour la jeune femme de 24 ans. Instagram s’ouvre alors, avec son flot de notifications. Commentaires, “likes“ et nouveaux abonnés par poignées sont le lot quotidien de la jeune toulousaine. En moyenne, chacune de ses photos engrange 800 « j’aime ». Un plébiscite qui s’explique lorsque Géraldine révèle son identité 2.0 : influenceuse Instagram. Depuis 2016, l’application de partage de photos où elle compte 16 000 abonnés rythme ses journées.

Dans son salon à la déco léchée et à l’ambiance cocooning, le petit-déjeuner est l’occasion de se reconnecter devant un thé vert assorti d’un bol de muesli et d’un fruit « toujours de saison ». Un repas sain pour cette sportive qui se soucie de son alimentation. C’est d’ailleurs avec le Top Body Challenge (un programme qui promet de muscler son corps en un temps record), que son aventure d’influenceuse a démarrée. Un défi qui lui a apporté la popularité mais qui lui a également enseigné les limites du rapport à son image. Trop investie, la jeune brune pétillante avoue que ce défi était devenu une obsession : « Je refusais de manger de la salade avec de la vinaigrette. Heureusement, mes amis m’ont dit que c’était trop. » L’influenceuse rédige d’ailleurs un article sur le sujet pour son blog créé il y a deux mois.

Smartphone en main, elle regarde les photos des autres pour « s’inspirer ». Une facette qu’elle assume. « Evidemment que je m’inspire des autres, je n’ai rien inventé » avoue-t-elle avec franchise.

 

Une double vie

L’heure est ensuite venue de choisir sa tenue. Pas question de mettre ce qui lui tombe sous la main. Pour un beau rendu mais aussi car elle aime être apprêtée, Géraldine choisit avec minutie ses vêtements et les associe avec soin. Un goût de la mode qui la suit depuis toujours. « Quand j’étais petite, avec ma cousine on se prenait en photo avec des habits et des talons empruntés à ma mère » se remémore-t-elle. Son look terminé et le portable jamais bien loin, elle prend alors sa tenue en photo. Aujourd’hui, c’est un pull en maille moutarde et un jean déchiré qui feront l’objet du cliché. Un choix loin d’être anodin. Le chandail est en effet le fruit d’un partenariat. En échange d’une réduction ou de la gratuité de ce produit, l‘influenceuse doit en faire la promotion de façon subtile sur son compte. Un échange de bon procédé appelé « échange de visibilité » dans le jargon des influenceuses. Depuis qu’elle a atteint le seuil des 10 000 abonnés, des marques font ainsi appel à elle pour mettre en avant leurs produits. Par soucis d’honnêteté, elle tient toutefois à préciser que si un produit ne lui convient pas, elle n’en fera pas la publicité.

A 8h30, une fois le chemin du travail emprunté, une double vie commence. La jolie brune à l’accent chantant redevient « madame tout le monde » et se mue en éducatrice spécialisée. Un job « passionnant » selon elle, loin de son image d’influenceuse et sur lequel elle tient à rester discrète.

Midi est là. Comme souvent, elle rejoint son copain pour aller déjeuner. Dans le restaurant M. Georges où elle a ses habitudes, la serveuse est une de ses abonnées. L’assiette à peine servie, son instinct d’influenceuse réapparait. Elle ne peut s’empêcher de prendre son plat de poisson en photo. Une manie qui intrigue les collègues avec qui elle déjeune parfois mais qui ne savent rien de sa double vie. « Il me disent que je suis très connectée, mais ils ne savent pas à quel point », ironise-t-elle. Son copain aussi a un avis sur le sujet. « Il a tendance à me dire “bon ton portable maintenant tu le lâches“ » précise-t-elle dans un rire. Le dessert, un croustillant au chocolat, n’échappera pas non plus à la séance photo.

 

« Des fois je me demande pourquoi j’affiche ma vie »

Une fois le travail terminé, elle rentre chez elle et goûte à un des meilleurs moments de la journée : l’ouverture de sa boite aux lettres. Elle y réceptionne chaque jour les produits qu’elle doit tester. Aujourd’hui, un pull, des jus de fruits et des coques de téléphone, qu’elle déballe en direct sur les réseaux. Des habitudes pour la blogueuse, qui parfois intriguent son entourage. « Au final, je me demande si on n’a pas un problème avec notre image et pourquoi j’affiche ma vie » s’interroge la jeune femme. Pour cette dernière toutefois, les bons côtés de son identité numérique en valent la peine. « C’est enrichissant et mes abonnés m’apportent beaucoup. Certains sont vraiment touchants », avoue-t-elle.

La nuit est tombée mais comme toutes les influenceuses, le jeudi soir est plutôt chargé. La jeune femme est conviée au magasin Orly place Wilson, et à une dégustation de la nouvelle carte du restaurant toulousain Les pieds sous la table. La semaine dernière, c’était pour le lancement de la dernière voiture d’une célèbre marque, qu’elle et d’autres influenceuses toulousaines étaient conviées à conduire les nouveaux modèles. Une escapade de « princesses » pour reprendre ses mots, avec à la clé des chèques cadeaux, une séance coiffure et maquillage, et une virée au restaurant. En contrepartie, chacune d’elles a posté une photo de cette journée sur son compte.

Les autres soirs, Géraldine tient désormais à s’offrir une pause lecture et abandonne son smartphone « histoire d’être déconnectée ». Histoire, aussi, de reprendre sa vie privée. Quand on lui demande ce qu’elle fera si cette aventure prend fin, la jeune femme reste lucide. « J’ai conscience que ça ne durera pas. J’aurai toujours ma famille, mes amis, mon boulot. Beaucoup de choses vont me manquer, car on est gâtées, on a la chance de faire de belles et nombreuses rencontres que l’on aurait pas faites normalement », admet-elle avant d’objecter : « mais ma vie ne se résume pas à ça. »

 

Audrey Martin

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B I S O U S

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